En bref
- Franck, 68 ans, vit en Corrèze avec sa compagne et perçoit moins de 1 400 € de retraite par mois après 47 ans de travail.
- Sa compagne, ancienne esthéticienne indépendante, touche une retraite de 830 € par mois après un départ anticipé à 62 ans.
- Le couple ne reçoit aucune aide financière, hormis un Chèque énergie d’environ 200 € par an.
- Leur facture d’électricité a atteint 420 € en janvier 2026, les poussant à réduire drastiquement leurs dépenses.
- Face à cette situation, Franck et sa compagne envisagent de quitter la France pour s’installer au Maroc.
Une retraite de 2 230 € à deux, insuffisante face à la hausse des prix
Franck, 68 ans, vit en Corrèze avec sa compagne. Ancien patron d’une auto-école sous statut de profession libérale, il a travaillé 47 ans avant de prendre sa retraite à 65 ans et demi. Il perçoit aujourd’hui moins de 1 400 € par mois, lissés sur l’année.
Sa compagne a exercé comme esthéticienne à son compte pendant près de 40 ans. Elle a dû prendre sa retraite à 62 ans, suite à un accident de la vie, et touche 830 € par mois, sans indemnité complémentaire. Ensemble, leurs deux pensions atteignent 2 230 € par mois, leur seule source de revenus.
Aucune aide, hormis le Chèque énergie
Le couple ne perçoit aucune aide financière extérieure, à l’exception du Chèque énergie, qui s’élève à environ 200 € par an. Une somme jugée dérisoire face à l’ampleur de leurs dépenses contraintes.
Franck pointe notamment l’explosion de sa facture d’électricité. En décembre 2025, elle s’est élevée à 380 €, puis à 420 € en janvier 2026. Il dénonce les ‘jours rouges’ d’EDF, qu’il qualifie de tarif ‘mafieux’. En réduisant au maximum sa consommation, il parvient désormais à ramener sa facture à 231 € par mois, rappel de 2025 inclus.
Restaurant, vacances, shopping : des loisirs devenus inaccessibles
Franck énumère les postes de dépenses qui pèsent sur son budget : la crise pétrolière, l’inflation, le coût de l’énergie, celui des mutuelles seniors, le prix des carburants, mais aussi la hausse des tarifs des prestataires comme les plombiers ou les garagistes.
Conséquence directe : le couple a renoncé à ses loisirs. ‘Restaurant, cinéma, vacances, shopping : tout cela est désormais loin derrière nous’, témoigne-t-il. Même une simple balade en voiture le dimanche est devenue, selon ses mots, ‘impensable’. Les frais liés à leurs animaux de compagnie, deux chats et un petit chien, pèsent également dans la balance, même si Franck se dit soulagé qu’ils soient en bonne santé.
Des inégalités dénoncées entre retraités du public et du privé
Dans son témoignage, Franck s’interroge sur les différences de traitement entre retraités. Il cite les cas de salariés de la SNCF pouvant partir à 52 ans avec une retraite à taux plein tout en conservant certains avantages d’entreprise, ou ceux d’EDF, partant à 60 ans et ne payant pas leurs factures d’électricité même à la retraite.
Il évoque aussi des situations similaires chez Enedis, Engie, GDF, la CPAM ou encore Total. Sans se revendiquer proche des positions de François Ruffin sur l’abolition des privilèges des responsables politiques, Franck estime qu’une réflexion similaire devrait s’appliquer à certains fonctionnaires, en activité ou à la retraite.
Le Maroc envisagé comme solution
Face à cette situation jugée intenable, Franck et sa compagne envisagent désormais de quitter la France. ‘Nous allons sans doute nous installer au Maroc’, confie-t-il, tout en qualifiant la France de ‘merveilleux pays’.
Cette perspective d’expatriation reste à ce stade une piste de réflexion, non une décision arrêtée. Elle illustre néanmoins la difficulté ressentie par ce couple de retraités vivant ‘au fond de la France profonde’, à la campagne, avec 2 230 € mensuels pour faire face à l’ensemble de leurs dépenses courantes.



