En bref
- 10 523 particuliers avaient investi dans Duralex lors d’une levee de fonds lancee en novembre 2025.
- L’investissement moyen etait de 372 euros, pour un total de 7 millions d’euros collectes.
- Le tribunal a valide mercredi la reprise de Duralex par l’entrepreneur Cedric Meston.
- Les sommes investies par les particuliers ne seront pas remboursees, selon le cofondateur de Lita.
- Une enquete du parquet d’Orleans a ete ouverte, avec des perquisitions menees au siege de Duralex.
Plus de 10 000 particuliers perdent leur mise
Ils etaient venus en aide a une marque emblematique du patrimoine francais. Depuis novembre 2025, 10 523 particuliers avaient place leur argent dans Duralex, dans le cadre d’une levee de fonds destinee a soutenir la verrerie. L’investissement moyen s’elevait a 372 euros par personne, pour un total recolte de 7 millions d’euros.
Cette somme ne sera pas restituee aux epargnants. Julien Benayoun, cofondateur de la plateforme Lita qui hebergeait la cagnotte, l’a confirme : les 10 523 investisseurs vont perdre leur investissement, et les 7 millions d’euros recoltes seront perdus. Une issue qui avait pourtant ete anticipee des la mise en ligne du projet, presente comme un investissement tres risque.
Un placement a haut risque des le depart
La levee de fonds proposait un taux d’interet annuel de 8% bruts, pour une duree d’investissement de sept ans. Un rendement attractif qui avait convaincu des milliers de particuliers de miser sur l’avenir de Duralex, verrerie installee a La Chapelle-Saint-Mesmin, pres d’Orleans.
Mais Julien Benayoun avait prevenu, des le lancement de la campagne : si la societe ne parvenait pas a remplir ses objectifs et devait etre liquidee, les montants investis seraient perdus. Un scenario qui s’est finalement concretise, malgre la poursuite de l’activite industrielle.
La reprise par Cedric Meston validee par le tribunal
Le tribunal a valide mercredi le projet de reprise de Duralex porte par l’entrepreneur Cedric Meston. Cette decision permet a la verrerie de poursuivre son activite, mais elle ne change rien au sort des sommes versees par les particuliers via la plateforme Lita.
Dans une lettre adressee aux investisseurs, consultee par l’AFP, le nouveau repreneur s’est dit desole de la situation. Il a precise que les titres avaient ete emis par la cooperative, une societe distincte de la sienne. Leur sort depend de la procedure collective et de la liquidation de la Scop, sous le controle du mandataire judiciaire, et non du repreneur, a-t-il explique, ajoutant ne pouvoir promettre aucun remboursement.
Des verres et des Tupperware en guise de compensation
Faute de pouvoir rembourser les sommes perdues, Cedric Meston a propose un dedommagement symbolique aux investisseurs floues. Il leur offre la possibilite de passer une journee dans l’usine historique de La Chapelle-Saint-Mesmin, ainsi que des produits des marques Duralex et Tupperware.
Le montant de ces cadeaux serait proportionnel a l’investissement initial de chaque particulier. Une compensation loin de representer la valeur des mises engagees, pour un investissement moyen de 372 euros par personne.
Une enquete ouverte, d’anciens dirigeants vises
Le parquet d’Orleans a ouvert une enquete, sans preciser les chefs retenus. Des perquisitions ont deja ete menees, notamment au siege de Duralex, selon les informations communiquees par le parquet.
L’ancien directeur general de la verrerie, Francois Marciano, figure de la reprise en Societe cooperative et participative (Scop), ainsi que son fils Antoine Marciano, qu’il avait nomme directeur financier, pourraient etre particulierement vises par la procedure. Leur avocat, Me Pierre Lalanne, a affirme que ses clients dementent toute implication dans d’eventuelles malversations. L’enquete devra determiner si des responsabilites peuvent etre etablies dans la perte de ces 7 millions d’euros.



