En bref
- En Espagne, l’essence sans plomb 95 se négocie autour de 1,79 € le litre et le gasoil autour de 1,89 €.
- Des automobilistes français, notamment des Perpignanais, traversent la frontière pour économiser jusqu’à 30 centimes par litre.
- La FNA et l’association 40 millions d’automobilistes dénoncent une fiscalité française jugée excessive sur les carburants.
- L’Espagne a adopté un plan de 5 milliards d’euros incluant une baisse de la TVA sur les carburants.
- La Suède, le Portugal et l’Italie ajustent aussi leurs taxes, tandis que la France privilégie des mesures ciblées.
La technique des automobilistes frontaliers
Alors que les prix des carburants explosent partout en France, certains conducteurs ont trouvé une astuce pour payer moins cher leur plein. Elle concerne surtout les habitants des régions proches de la frontière espagnole, où la différence de tarifs justifie le déplacement.
Un habitant de Perpignan, interrogé par France 3 Occitanie, expliquait ainsi sa méthode : il profite de son passage pour faire ses courses au Perthus avant de rentrer chez lui, le plein étant nettement moins cher côté espagnol. Un autre automobiliste confirmait l’intérêt de la démarche, évoquant une différence de 20 centimes sur le gasoil entre Argelès-sur-Mer et l’Espagne.
Des prix nettement plus bas de l’autre côté de la frontière
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En Espagne, l’essence sans plomb 95 se négocie en moyenne autour de 1,79 € le litre, contre environ 1,89 € pour le gasoil. Des tarifs qui tranchent avec ceux observés en France, où les prix à la pompe ne cessent de grimper.
Pour les automobilistes vivant à proximité de la frontière, le calcul est vite fait. Même en intégrant le temps du trajet, l’économie réalisée sur un plein complet peut représenter plusieurs euros, un argument de poids dans un contexte de pouvoir d’achat sous tension.
La fiscalité française pointée du doigt
Face à cette situation, les associations de défense des automobilistes ne décolèrent pas. Dans un communiqué publié récemment, la FNA, organisation professionnelle représentative des Entrepreneurs Artisans de l’automobile, et l’association 40 millions d’automobilistes dénoncent une fiscalité jugée démesurée.
Selon ces organisations, l’État reste le seul grand gagnant de cette situation, au détriment des usagers et des commerçants. Elles estiment que ces derniers sont devenus les grands invisibles de la politique nationale face à la hausse continue des prix du carburant.
Comment les autres pays européens réagissent
Plusieurs gouvernements européens ont choisi d’agir directement sur la fiscalité pour soulager leurs automobilistes. L’Espagne a ainsi adopté un plan de 5 milliards d’euros pour faire face à la crise énergétique, incluant une baisse de la TVA sur les carburants pouvant aller jusqu’à 30 centimes par litre.
La Suède prévoit également une réduction temporaire des taxes, pour une baisse estimée à environ 9 centimes par litre. Au Portugal, un mécanisme ajuste automatiquement les taxes dès que l’augmentation des prix dépasse 10 centimes par litre. L’Italie, de son côté, prévoit un ajustement permettant une baisse de l’ordre de 25 centimes à la pompe.
La France pour l’instant à l’écart de ces mesures
Contrairement à ses voisins européens, la France n’envisage pas pour l’heure de baisser les taxes sur les carburants ni de distribuer des chèques énergie à l’ensemble des particuliers, comme cela avait pu être le cas par le passé.
L’exécutif privilégie des mesures ciblées, destinées à soutenir certains secteurs spécifiques, notamment les transports et les gros rouleurs. Aucune annonce ne laisse pour l’instant présager un alignement sur les dispositifs mis en place en Espagne, en Suède, au Portugal ou en Italie.



