En bref
- 800 000 personnes ont manifesté en France le 17 octobre, une mobilisation qui a basculé dans des pillages massifs de commerces.
- Des chancelleries étrangères évoquent une France « quasi insurrectionnelle », image reprise par Donald Trump pour critiquer la politique migratoire française.
- Des commerçants, comme un opticien du Marais ou des opérateurs de vélos en libre-service, ont vu leurs biens détruits sans savoir qui indemnisera les pertes.
- Emmanuel Macron, Sébastien Lecornu et Gabriel Attal ont multiplié les annonces, de la fermeté promise à la suspension évoquée des réseaux sociaux.
- Le Figaro a documenté une série de cadeaux fiscaux non chiffrés votés à l’Assemblée nationale, du débroussaillage aux familles monoparentales.
Une mobilisation hors norme, des commerces livrés à eux-mêmes
Le 17 octobre restera comme une date charnière. 800 000 manifestants ont battu le pavé dans toute la France, un chiffre qui témoigne de l’ampleur de la colère. Mais la journée a basculé : la mobilisation a dégénéré en pillages massifs de commerces dans tout l’Hexagone, transformant une démonstration de force en scènes de chaos urbain.
Sur le terrain, les récits qui remontent décrivent un abandon total. Un opticien indépendant du Marais a vu son stock disparaître en quelques minutes. Des opérateurs de vélos en libre-service comptent leurs engins détruits par centaines. Ces commerçants remplissent désormais des déclarations de sinistre, sans qu’aucune réponse claire ne leur soit donnée sur qui prendra en charge la facture.
Une image qui dépasse les frontières
L’expression de France « quasi insurrectionnelle » circule désormais dans les chancelleries étrangères. Elle n’est pas restée cantonnée aux cercles diplomatiques : Donald Trump s’en est emparé publiquement pour attaquer la politique d’immigration française, donnant à cette crise une résonance internationale embarrassante pour Paris.
Face à cette situation, les responsables politiques multiplient les prises de parole sans qu’une ligne commune se dégage. Emmanuel Macron promet désormais d’être intraitable. Sébastien Lecornu entame une tournée de concertations. Gabriel Attal, lui, réclame la suspension des réseaux sociaux. Chacun semble chercher sa posture plutôt qu’une réponse coordonnée.
Le budget, autre théâtre de l’improvisation
Pendant que la rue s’embrasait, l’Assemblée nationale poursuivait sa propre dérive. Le Figaro a documenté avec précision la multiplication de cadeaux fiscaux non chiffrés : niches pour les syndicats, abattements pour les résidents en Ehpad, avantages pour les familles monoparentales, déductions pour le débroussaillage. Chaque groupe parlementaire a tenu à laisser sa marque dans le texte, sans évaluation claire du coût pour les finances publiques.
Ces préoccupations ne sont pas toutes illégitimes prises isolément. Mais l’accumulation pose question : gouverner suppose de choisir, or l’Assemblée semble avant tout empiler les mesures sans arbitrage d’ensemble, dans un climat de tensions budgétaires déjà identifiées comme préoccupantes.
Des marchés financiers qui observent
L’image d’un pays en quasi-insurrection n’est jamais neutre pour les marchés financiers. Quand la crise politique s’ajoute à une gestion budgétaire jugée erratique, les taux d’intérêt ont tendance à monter, renchérissant le coût de la dette publique. Cette mécanique, déjà évoquée à propos des tensions budgétaires françaises, pourrait s’aggraver si la situation politique reste instable.
Au bout de la chaîne, c’est le contribuable qui est annoncé comme le payeur final. Celui qui travaille, qui cotise, qui n’a rien cassé, pourrait voir la facture de cette double crise, politique et budgétaire, retomber sur lui sous une forme ou une autre, même si aucun chiffrage précis n’est pour l’instant disponible.
La réforme de l’État, grande absente du débat
Ce qui manque le plus cette semaine, c’est une réponse structurelle. Les annonces se succèdent, mais aucun projet de fond ne se dessine. Où est la réforme de l’État capable de rétablir l’autorité sans recourir à des mesures d’exception ? Où est la réforme budgétaire qui imposerait enfin une discipline réelle aux parlementaires ? Ces questions restent, à ce stade, sans réponse tranchée.
Pendant ce temps, l’Allemagne signe avec Nvidia pour accélérer l’intelligence artificielle dans son industrie. Elle investit, elle structure, elle se projette. La France, elle, débat de la suspension de TikTok. Le contraste illustre une France qui semble subir les événements plutôt que les gouverner, résultat d’années de réformes reportées et de dépenses non maîtrisées.



