En bref
- Le climat des affaires mesuré par l’Insee recule à 96 points en septembre 2026, contre 98 en août.
- La confiance des ménages reste faible, à 86 points en septembre, sous sa moyenne de long terme.
- Le PIB est resté stable au deuxième trimestre après un recul de 0,2 % au premier trimestre 2026.
- La Banque de France table sur une croissance de seulement 0,1 % au troisième trimestre et 0,4 % sur l’année.
- Le commerce de détail et l’automobile affichent un climat des affaires dégradé, respectivement à 94 et 92 points.
Un climat des affaires qui se dégrade partout
L’économie française montre des signes de faiblesse à l’entame de l’automne. Selon l’Insee, le climat des affaires recule à 96 points en septembre 2026, contre 98 en août, repassant sous sa moyenne de long terme fixée à 100.
Ce repli touche en premier lieu le commerce. L’indicateur du commerce de détail et de l’automobile tombe à 94 points, soit cinq points de moins qu’en août. Dans l’automobile, le climat reste également dégradé, à 92 points. L’Insee pointe un recul des intentions de commandes, des perspectives d’activité et des ventes passées.
Une consommation des ménages toujours contrainte
La confiance des ménages demeure faible, à 86 points en septembre. Même si l’inflation ralentit, à 2,4 % sur un an en août, le niveau général des prix reste nettement supérieur à celui observé avant les précédents chocs inflationnistes.
Les dépenses contraintes pèsent donc sur les arbitrages des ménages, qui peuvent reporter un achat immobilier ou automobile, ou chercher à réduire leurs charges financières. Le rebond de la consommation enregistré au printemps ne suffit pas à effacer ces incertitudes.
L’industrie résiste, mais les trésoreries se tendent
Le tableau n’est pas uniformément négatif. L’industrie conserve un climat des affaires légèrement supérieur à sa moyenne historique, à 101 points en septembre. La Banque de France relève que la production industrielle reste soutenue par les biens d’équipement et les matériels de transport.
Mais l’Insee note une dégradation de l’opinion sur les carnets de commandes globaux. La situation de trésorerie, elle, demeure négative aussi bien dans l’industrie que dans les services, selon la Banque de France. Une entreprise peut ainsi maintenir son activité tout en voyant sa rentabilité et sa capacité d’autofinancement se dégrader, ce qui pousse à plus de prudence dans les décisions d’investissement.
Une croissance qui manque de moteur
Le PIB est resté stable au deuxième trimestre 2026, après un recul de 0,2 % au premier trimestre. La Banque de France n’anticipe qu’une progression de 0,1 % au troisième trimestre, et table désormais sur seulement 0,4 % de croissance pour l’ensemble de l’année 2026.
Le risque identifié n’est pas celui d’un décrochage brutal de l’économie française, mais plutôt celui d’une croissance durablement trop faible pour soutenir l’investissement, l’emploi et la consommation. Les entreprises doivent par ailleurs composer avec des coûts énergétiques encore sensibles et un contexte international incertain.
Pourquoi la fin de 2026 sera scrutée de près
Pour les ménages comme pour les entreprises, les conditions de financement deviennent centrales. Lorsque la visibilité économique se réduit, les emprunteurs se montrent plus prudents et les établissements financiers renforcent leur attention portée à la solvabilité et à la capacité de remboursement.
Ce mécanisme touche particulièrement les investissements professionnels et immobiliers, dont la rentabilité dépend du coût du financement. Le comportement des ménages dans les prochains mois sera déterminant : une consommation qui se maintient pourrait soutenir l’activité, tandis qu’une nouvelle dégradation du moral risquerait d’accentuer les reports d’achats et d’investissements.



