En bref
- La cour d’appel de La Haye a confirmé le 22 septembre 2026 l’irrégularité du licenciement d’un salarié de Prijsvrij en arrêt maladie.
- L’homme avait couru le marathon de Rotterdam en 3 h 27 min 58 s, mais son médecin du travail connaissait déjà son entraînement.
- Plus de 60 000 € d’indemnités brutes sont confirmées, hors salaire restant, congés, intérêts et frais.
Un marathon qui ne prouvait pas une fausse maladie
L’affaire paraît presque absurde. Un salarié en arrêt maladie boucle 42,195 kilomètres en moins de trois heures et demie, son employeur y voit la preuve d’une fraude et le licencie. La cour d’appel de La Haye a pourtant confirmé le 22 septembre 2026 que ce raisonnement ne suffisait pas. Embauché le 1er juillet 2024 par Prijsvrij, l’homme s’était déclaré malade le 15 décembre après de graves troubles visuels. Le 14 janvier 2025, des examens avaient fait suspecter une myasthénie grave, diagnostic devenu presque certain après une hospitalisation le 20 février, selon la décision judiciaire ECLI:NL:GHDHA:2026:2847.
Surtout, les notes du médecin du travail mentionnaient dès le 3 janvier quatre séances hebdomadaires de course et une préparation au marathon. Le 13 avril, le salarié termine Rotterdam en 3 h 27 min 58 s, 3 112e sur 17 843 participants. La performance est impressionnante, mais elle ne prouve pas à elle seule une aptitude à reprendre son poste. La cour estime que Prijsvrij n’a pas démontré que l’intéressé avait trompé les médecins sur ses capacités ou caché son entraînement.
La filature et le licenciement se retournent contre Prijsvrij
L’entreprise avait durci sa position bien avant le marathon. Après avoir contesté l’arrêt, menacé de suspendre le salaire et demandé plusieurs reprises du travail, elle mandate Hoffmann Bedrijfsrecherche. Les enquêteurs observent le salarié près de son domicile, le photographient et le suivent lors de courts déplacements. La justice relève qu’il s’agissait notamment de trajets brefs pour conduire son enfant à l’école ou faire une course. Elle juge surtout la surveillance disproportionnée et gravement attentatoire à sa vie privée et à celle de sa famille.
Cette lecture concorde avec les règles publiées par l’Autorité néerlandaise de protection des données, mises à jour le 7 février 2025 : le contrôle d’un salarié doit avoir une base juridique, être nécessaire et proportionné à l’objectif poursuivi. Le 15 avril 2025, Prijsvrij prononce malgré tout un licenciement immédiat pour faute grave. Le tribunal de Rotterdam l’invalide en septembre 2025, puis la cour d’appel confirme. Le cœur du dossier n’était donc pas de savoir si une personne malade peut courir, mais si l’employeur pouvait substituer ses propres conclusions à celles des professionnels chargés d’évaluer la capacité de travail.
Plus de 60 000 € à payer et une protection néerlandaise très forte
La facture est lourde. La cour maintient 50 000 € brut d’indemnité équitable, 8 250 € d’indemnité forfaitaire de rupture et 1 820,42 € d’indemnité de transition. S’ajoutent le salaire restant dû jusqu’au 15 avril 2025, les congés, les intérêts légaux et les frais. En appel, Prijsvrij doit encore supporter 4 421 € de frais de procédure.
Le portail officiel Business.gov.nl, vérifié le 17 septembre 2026, rappelle qu’aux Pays-Bas un salarié malade est en principe protégé contre le licenciement pendant ses deux premières années d’incapacité et que l’employeur doit participer à sa réintégration. Des exceptions existent, notamment pour faute grave ou refus de coopérer. En France, Service-Public rappelle qu’un salarié ne peut pas être licencié en raison de sa maladie, mais qu’une rupture reste possible dans plusieurs cas précis.
Une rupture professionnelle brutale peut aussi déstabiliser une épargne construite sur plusieurs années. Certains épargnants choisissent donc de diversifier une fraction de leur patrimoine avec des lingots d’or, des lingots d’argent ou des pièces d’or, dans une logique de débancarisation partielle et de sécurisation patrimoniale. Ce choix ne supprime ni le risque de prix ni les contraintes de conservation, mais il réduit la dépendance à une seule catégorie d’actifs.