En bref
- Environ 3,2 millions de PEL doivent être fermés automatiquement d’ici 2030, selon la Banque de France.
- Cette vague de clôtures représente 93 milliards d’euros, sur un encours total de 202,9 milliards d’euros fin septembre 2025.
- Depuis le 1er mars 2011, les PEL ont une durée maximale de quinze ans, ce qui déclenche ces fermetures.
- A la clôture, la banque transfère le capital et les intérêts sur un compte d’épargne classique, moins rémunérateur et moins protégé fiscalement.
- Les PEL ouverts avant le 1er mars 2011 échappent à cette règle et peuvent être conservés sans limite de durée.
Pourquoi des millions de PEL arrivent à échéance
Le plan épargne logement a longtemps été perçu comme un placement sans échéance. Ce n’est plus tout à fait le cas pour les PEL ouverts depuis le 1er mars 2011 : la loi leur impose désormais une durée maximale de quinze ans. Passé ce délai, la banque procède automatiquement à leur fermeture.
Les premiers plans concernés, ouverts en mars 2011, atteignent cette limite depuis mars 2026. Le mouvement va s’étaler sur plusieurs années : d’ici 2030, ce sont environ 3,2 millions de PEL sur un total de neuf millions qui devront être clôturés, selon des chiffres de la Banque de France cités par Pleine Vie.
L’enjeu financier n’est pas négligeable : ces plans représentent 93 milliards d’euros, sur un encours total de 202,9 milliards d’euros à la fin septembre 2025. Une part significative de l’épargne logement des Français est donc directement concernée par cette fermeture du PEL.
Les plus anciens PEL échappent à la règle
Tous les détenteurs de PEL ne sont pas logés à la même enseigne. Les plans ouverts avant le 1er mars 2011 ne sont pas soumis à cette limite de quinze ans. Ils peuvent théoriquement être conservés sans limite de durée.
Il existe toutefois une restriction : au bout de dix ans, les versements sur ces anciens plans sont bloqués. L’épargnant ne peut plus alimenter son PEL, mais il continue de percevoir des intérêts sur les sommes déjà placées, sans que la banque puisse le forcer à clôturer le compte.
Que devient concrètement votre épargne
La clôture automatique ne fait pas disparaître l’argent placé. La banque récupère le capital ainsi que les intérêts accumulés, puis transfère l’ensemble sur un compte d’épargne ordinaire. Sur le principe, aucune somme n’est donc perdue.
Le problème se situe ailleurs. Contrairement au taux du PEL, qui dépend de conditions fixées au moment de l’ouverture du plan, la rémunération du compte d’épargne de remplacement est fixée librement par la banque. Rien ne garantit qu’elle soit aussi avantageuse que celle du plan épargne logement initial.
Une fiscalité différente selon la date d’ouverture
Au-delà du taux, la fiscalité change aussi. Pour les PEL ouverts depuis le 1er janvier 2018, les intérêts sont imposables dès la première année sur le nouveau compte d’épargne.
Les plans ouverts entre le 1er mars 2011 et le 31 décembre 2017 bénéficient d’un régime plus favorable : leurs intérêts restent exonérés d’impôt sur le revenu pendant douze ans. Ils demeurent en revanche soumis aux prélèvements sociaux, quelle que soit l’ancienneté du plan.
Le droit au prêt épargne logement peut disparaître
Un autre point mérite d’être vérifié avant la fermeture du PEL : les droits à un prêt épargne logement attachés au plan. Selon les conditions applicables, la clôture peut mettre fin à cet avantage, qui permettait d’emprunter à un taux déterminé à l’ouverture du plan.
Ce point n’est pas automatique et dépend des caractéristiques de chaque contrat. Il est donc recommandé de se renseigner directement auprès de sa banque sur le devenir de ces droits avant que l’échéance des quinze ans n’arrive.
Comment anticiper avant l’échéance de son PEL
Face à cette fermeture programmée, mieux vaut ne pas attendre la dernière minute. Avant l’échéance, il est conseillé de comparer les solutions proposées par sa banque pour la suite de l’épargne concernée.
Plusieurs placements peuvent prendre le relais selon les besoins et le niveau de risque accepté : Livret A, LDDS, assurance-vie ou encore compte à terme. L’essentiel est d’éviter que l’épargne accumulée pendant des années ne se retrouve, sans anticipation, sur un compte nettement moins rémunérateur.




